Le jour d’avant – Sorj Chalandon

«  Venge-nous de la mine  », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J’allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n’avaient jamais payé pour leurs crimes.

3 réflexions sur « Le jour d’avant – Sorj Chalandon »

  1. J’ai vraiment apprécié. Particulièrement la seconde partie, après que Michel soit « passé à l’action ».
    Portrait de Michel où je n’ai cessé d’osciller entre empathie et incompréhension. Belle écriture.
    Récit puissant, prenant, avec un réel suspense et d’incroyables rebondissements. J’ai particulièrement apprécié le procès et tout ce qui l’entoure…très réaliste et intéressant. Le drame d’un homme égaré dans sa douleur.
    Le monde de la mine m’est apparu d’une dureté inimaginable.

    1. j’ai apprécié ce livre,
      c’est le drame d’un homme blessé , le désir de venger ceux qui ont souffert ,
      l’impossibilité de partager sa souffrance va plomber toute sa vie
      J’ai trouvé remarquable la description du travail dans la mine, on descend avec les mineurs au fond des puits, on souffre , on entend les bruits, on respire mal, on sent la poussière
      Ensuite le procès m’a captivé
      Bref j’ai aimé !

  2. J’ai été moi aussi captivée par l’histoire, l’écriture, la description de la mine et des mineurs, de la poussière de charbon, de la misère, de la souffrance, de la douleur collective et individuelle; j’ai souffert avec eux, j’ai même pleuré avec eux (sous le regard consterné de mes voisins dans le train :-))… Qui se souvient encore de la catastrophe de Liévin, le 27 décembre 1974 (il y a seulement 44 ans) et du nom des victimes, mis à part leur famille et, peut-être, la mémoire collective de la mine? Un drame individuel entrelacé dans le drame de l’histoire… Une envie de relire Germinal en refermant la dernière page… J’avoue, je n’ai pas fini d’y penser…

    Et comme une confession de l’auteur sur son livre:
    « Venge-nous de la mine » avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis. A sa mort, mes poings menaçant le ciel. Je n’ai jamais cessé de le lui promettre. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, mort en paysan. Venger ma mère, morte en esseulée. J’aillais tous nous venger de la mine. Nous laver des Houillères, des crapules qui n’avaient jamais payé leurs crimes. J’allais rendre leur dignité aux sacrifiés de la fosse 3bis. Faire honneur aux martyrs de Courrières, aux assassinés de Blanzy, aux calcinés de Forbach, aux lacérés de Merlebach, aux déchiquetés d’Avion, aux gazés de Saint-Florent, aux brûlés de Roche-la-Molière. Aux huit de La Mûre, qu’une galerie du puits de Villeret avait ensevelis. J’allais rendre vérité aux grévistes de 1948, aux familles expulsées des corons, aux blessés, aux silicosés, à tous les hommes morts du charbon sans blessures apparentes. Rendre justice aux veuves humiliées, condamnées à rembourser les habits de travail que leurs maris avaient abîmés en mourant. »

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