Au revoir là-haut, de Pierre Lemaître

aurevoirlahautSur les ruines du plus grand carnage du XXe siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu’amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec ses morts…
Fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l’après-guerre de 14, de l’illusion de l’armistice, de l’État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l’abomination érigée en vertu.
Dans l’atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.

6 pensées sur “Au revoir là-haut, de Pierre Lemaître”

  1. Le prix Goncourt et le thème de la première guerre mondiale : deux bonnes raisons de lire ce livre. Mais c’est surtout un livre que j’ai dévoré et qui ne me laissera pas indemne, un peu moins cabossée que les poilus de 14, mais un peu plus consciente des turpitudes de l’âme humaine… Et puis c’est écrit avec beaucoup de verve !

    1. ceux qui s’en sortent avec gloire et sans mérite, ceux qui ont mérité mais sont meurtris à jamais

      les sans scrupules, les sans âmes

      les bons, les mauvais bref tout est décrit de façon magistrale

      on sent à la fin du livre la plume de l’auteur de roman policier

      passionnant !

  2. Une grande fresque épique sur fond de carnage et de commerce autour de la guerre et de ses morts. Un livre plein de verve qui narre l’illusion et l’hypocrisie, un roman jubilatoire et cruel, qui se moque allègrement de cet Etat qui glorifie ses morts mais n’a pas de place pour les rescapés. Et jusqu’au bout on espère que nos deux protagonistes s’en sortiront, malgré tout, malgré la chute qui s’annonce brutale. Parce qu’ils sont passablement amochés, mais si vivants. Et quelle escroquerie de maître! Parce que la vie continue…

    « Soudain, il tendit le bras, droit devant lui, doubla le geste d’un hurlement net et franc: Rrrâââhhhhrrrrr! Puis désigna l’angle du hall où une femme de service achevait d’épousseter les tables basses. Il se précipita vers elle; elle fut saisie d’effroi en voyant cet homme au visage de marbre, en tenue coloniale et avec de grandes ailes vertes, se ruer sur elle. « Mon Dieur, ce que j’ai eu peur, mais comme on a ri ensuite, c’est… mon balai qu’il voulait. – Le balai? – Comme je vous le dis. » Monsieur Eugène l’attrapa en effet, cala le manche contre son épaule à la manière d’une longue carabine et marcha au pas, martial et claudicant, criant toujours, au rythme d’une musique silencieuse que tout le monde avait l’impression d’entendre. »

  3. Une fois n’est pas coutume, j’ai donc lu un livre de la tournante. Ça doit être le quatrième… En quinze ans!
    Mais je ne suis pas déçu. En fait je ne l’ai jamais été. 4/4, joli score.
    Le livre de Pierre Lemaître se lit d’une traite, pour ainsi dire. Superbement écrit. Intrigue haletante qui nous tient éveillé jusque pas d’heure. Des personnages à la fois improbables et tellement réels. Super.
    Cela m’a donné envie de lire d’autres de ses titres. J’ai commencé par Alex, un thriller. Et là, pareil, dévoré, quasi d’une traite. Passionnant.
    Donc je dis, bravo. Bon choix. Et j’en redemande.

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