Glaise – Franck Bouysse

Au coeur du Cantal, dans la chaleur d’août 1914, les hommes se résignent à partir se battre, là-bas, loin. Joseph, tout juste quinze ans, doit prendre soin de la ferme familiale avec sa mère, sa grand-mère et Léonard, vieux voisin devenu son ami. Dans la propriété d’à côté, Valette, tenu éloigné de la guerre en raison d’une main atrophiée, ressasse ses rancoeurs et sa rage. Et voilà qu’il doit recueillir la femme de son frère, Hélène, et sa fille Anna, venues se réfugier à la ferme. L’arrivée des deux femmes va bouleverser l’ordre immuable de la vie dans ces montagnes. Roman d’amour et de fureur, Glaise confirme l’immense talent de son auteur à mettre en scène des hommes et des femmes aux prises avec leurs démons et avec les fantômes du passé. Des espaces, des personnages d’une terrible force, l’art de la narration : l’univers, l’écriture, la musique font de Franck Bouysse un raconteur d’histoires dans la plus grande tradition américaine. Après Grossir le ciel, prix SNCF du polar 2017, et Plateau, prix de la Foire du Livre de Brive, Franck Bouysse s’impose comme une voix incontournable de la littérature française contemporaine.

5 réflexions sur « Glaise – Franck Bouysse »

  1. J’avais beaucoup entendu parler de Franck Bouysse, et j’avais hâte de le découvrir.
    Roman noir, rural, avec en toile de fond la guerre…. et donc l’absence des hommes.
    J’ai trouve ce livre très intéressant. L’auteur aime les mots, les mots qui rendent palpables la nature, les paysages, les émotions. Cependant la noirceur du personnage de Valette, sa perversité, m’ont dérangée.
    Je n’ai pas eu le plaisir que j’espérais pour cette lecture. Un peu d’ennui parfois…malgré la tragédie imminente qu’on ressent tout au long de la lecture.
    L’épilogue m’a beaucoup plu.
    Je ne voulais pas m’arrêter à cette lecture, j’ai ensuite lu son dernier livre « Né d’aucune femme »….qui m’a plus plu…mais de nouveau une noirceur abominable, notamment au travers d’un personnage masculin d’une perversité trop dérangeante.
    Donc pas de coup de coeur pour Franck Bouysse, même si je le trouve très intéressant.
    Vos avis m’intéressent! Je prête volontiers « Né d’aucune femme ».

    1. Isabelle, je veux bien que tu me prêtes « Né d’aucune femme ». De mon côté, je peux te prêter un roman que je viens de terminer d’un auteur norvégien, Lars Mytting, , « Les seize arbres de la Somme », un beau roman sur la quête d’identité. Je pense qu’il te plaira. A bientôt.

  2. J’ai beaucoup aimé ce livre, que j’ai dévoré! Un roman d’amour et de fureur, avec la guerre en toile de fond. Une belle écriture sur les passions des hommes, le rapport à la terre et aux éléments qui, finalement, l’emportent. Une belle découverte pour moi. A vous!

    « Les animaux abreuvés, sa cigarette terminée, le berge parque le troupeau dans un corral fait de rondins, puis revient à sa cabane. Face à la porte fermée, il hoche la tête, comme s’il se faisait un reproche à lui-même, et se met en route pour le village, pensant que sûrement les gens voudraient savoir, et que, peut-être, la révélation d’un tel événement lui permettrait de mieux se faire accepter d’eux. Lui, l’étranger. Ce village où il n’a pas mis les pieds depuis des mois, là où femmes et vieillards portent du noir. Là où les enfant s’apprêtent à s’en vêtir, là où les hommes ont disparu pour une guerre qui ne lui appartient pas. Alors, il ralentit son pas, s’arrête, contemple les montagnes et la vallée où vivent les gens à qui il ne doit rien, puis fait demi-tour et s’en retourne auprès de ses bêtes impassibles.
    Peut-être plus tard. »

  3. Une découverte que cet écrivain !
    Une prose magnifique lors des descriptions et langage populaire lorsqu’il s’agit de dialogues.
    La narration d’un épisode de la vie à la campagne (Cantal) début du xxe siècle alors que les hommes sont envoyés au front et que restaient à la ferme femmes, enfants, vieillards et mutilés.
    Ceux-là menaient des batailles à leur façon, accomplissant de lourdes tâches et vieillissant avant l’âge, poussés irrémédiablement vers le labeur.
    Reste-t-il une once d’affection dans ces ménages ou il arrive même qu’un fils emporté par la folie de la guerre soit vite remplacé par un nouveau-né.
    Rancœur, jalousie, tromperie, mensonge, bestialité sont au rendez-vous tandis qu’une idylle éclaire l’enfer que vivent 2 jeunes gens.
    Un récit où chaque chapitre apporte son lot de surprises et de suspense.

  4. j’ai beaucoup aimé ce roman ! Un superbe écriture .
    les descriptions des bois, les fermes, les lieux sont éblouissantes
    côté rude et violent de Valette existe certainement hélas.
    très belle découverte d’auteur !

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