Un paquebot dans les arbres – Valentine Goby

À la fin des années 1950, Mathilde, adolescente, voit partir son père puis sa mère pour le sanatorium d’Aincourt. Commerçants, ils tenaient le café de La Roche-Guyon. Doué pour le bonheur mais totalement imprévoyant, ce couple aimant laisse alors ses deux plus jeunes enfants dans la misère. Car à l’aube des années 1960, la Sécurité sociale ne protège que les salariés et la pénicilline ne fait pas de miracle pour ceux qui, par insouciance, méconnaissance ou dénuement ne sont pas soignés à temps. Petite mère courage, Mathilde va se battre pour sortir ceux qu’elle aime du sanatorium, ce grand paquebot blanc niché dans les arbres, où se reposent et s’aiment ceux que l’enfance ne peut tolérer autrement qu’invincibles.

3 réflexions sur « Un paquebot dans les arbres – Valentine Goby »

  1. Il n’y a pas à dire, Valentine Goby est une ecrivaine hors pair. Son style direct, précis, poignant me touche particulièrement. Après Kinderzimmer c’est à nouveau un beau portrait de petit bout de femme qu’elle nous dépeint. Ames moroses s’abstenir car ce n’est certainement pas un livre qui donne la pêche.

  2. Un livre poignant, c’est vrai, sur l’amour filial et l’amour tout court, sur la place des femmes dans la société, sur la misère et la détresse psychologique, la soif de liberté…par une écrivaine hors pair, d’accord avec Christiane. J’ai appris beaucoup, j’ai été émue et j’en suis sortie durablement bouleversée. Une très belle lecture!

    « Mademoiselle personne. Etre personne. Reliée à rien. Ni la soeur de Jacques, ni la fille de Paulot et Odile, ni la stagiaire du bureau, ni l’élève du lycée, ni la gosse de tubard, ni l’endettée, ni la voleuse d’oeufs, ni la pique-assiette, ni la mendiante, ni le chef de famille, ni l’amoureuse larguée, ni l’amie d’une folle, ni la suicidaire ratée, ni la reine de La Roche. S’alléger de toute histoire, de tout devoir. Etre un termite aux longues ailes blanches, se couler dans la file sinueuse qui reproduit d’instinct le mouvement archaïque et fractionne la charge de tous en parcelles minuscules, exactement ajustées aux capacités de chacun, et te délivre de toute mission trop vaste pour toi seule. »

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