Deux ans ou deux cents ans au fond quelle différence? Franca Doura

difference« Les préjugés ont toujours le dessus sur la beauté, sur la grandeur. Et si aujourd’hui vous mettez tant d’acharnement à écrire sur le surnommé Milan, c’est autant pour honorer la mémoire d’une belle âme que pour renverser (sans illusion d’y parvenir) cette vigueur préjudicielle chez tant d’êtres intelligents. Vous saviez dès le début que ce qui vous avait rapprochés, vous et lui, allait devoir un jour vous séparer. Jamais, au grand jamais, la durée ne se présenta à vos yeux ni aux siens comme une option viable… » Rémi C., alias Milan, étudiant solaire, fascinant, libre. Mais aussi jeune homme ombrageux, écorché… Un être double, qui touche tour à tour aux arts et à la physique. Une figure bifrons, autour de laquelle tourne la narration, tout en effleurements et évocations, d’Éléa, qui fut son professeur, son amante, son amie. Et cette dualité de se propager à l’entièreté du roman, Franca Doura composant, à travers les couples Milan-Éléa et Milan-Rosie, un portrait ambivalent de la passion amoureuse, qui peut se faire aussi légère que destructrice, aussi lumineuse que mortifère, aussi généreuse que terrible.

9 réflexions sur « Deux ans ou deux cents ans au fond quelle différence? Franca Doura »

  1. chers passionnés de livres,

    ‘Mon’ temps …
    désormais dans votre tournante,
    l’y voir tourbillonner… sans attente,
    sinon l’attente d’un bout de ‘votre’ temps,
    d’un ressenti, et pourquoi pas d’un avis ?
    Bon vent de lecture ! et à bientôt ici ou là ? Franca D

  2. Voici un livre qui m’a profondément touchée.
    Plusieurs thèmes forts se retrouvent dans l’histoire :
    – la différence d’âge dans un couple, très bien exprimée, avec énormément de délicatesse et de sensibilité – les relations parents-enfant, comment le manque d’amour d’un parent peut détruire un enfant – le suicide.
    L’écriture est très belle, …
    J’ai lu la première partie avec bcp de plaisir, même si la lecture me demandait de l’attention et du temps.
    Et puis la deuxième partie m’a complètement happée….la souffrance, la sensibilité de ce garçon m’ont touchée….toute la descritpion des derniers jours/instants de sa vie était bouleversante. Ainsi que la lettre qu’il adresse à son père.
    Un livre qui ne peut laisser indifférent le lecteur. Un livre bouleversant!

  3. J’ai été profondément touchée par ce magnifique livre, écrit tout en délicatesse. Au début, le style et l’écriture peuvent paraître un peu ardus mais ils reflètent bien la personnalité très complexe de « Milan » qui est un être « tortueux » et pourvu d’une sensibilité à fleur de peau. Tout au long du livre, on découvre, derrière cet être original qui veut profiter de chaque moment que la vie offre, les fractures de son existence et notamment ce père absent qui lui a tant manqué et qu’il attendra jusqu’aux dernières pages du livre pour le sauver de cette fin de vie dramatique qui paraît inévitable.
    Tout au long du livre, la référence à des lieux connus « le Calypso », « l’étang des enfants noyés », « la gare de B. » m’ont fait rentrer encore plus dans l’histoire.
    Merci pour cette belle découverte ! Je n’hésiterai pas à le conseiller autour de moi, d’autant plus qu’il s’agit d’une « auteure » belge.

  4. Pour ma part, je n’ai pas accroché. Peut-être parce que ce Rémi/Milan m’a paru un peu trop « construit », je veux dire artificiel, surfait pour pouvoir m’y intéresser. Mais c’est peut-être aussi parce que je n’ai pas compris vraiment, à l’image de ce passage où Rémi et Eléa dansent ensemble: « Un inconnu les prit en photo: elle regard sur lui jetant les bras en l’air et ces mots de Milan que la photo ne dit pas mais retombés sur Eléa en pluie d’or: « Un jour je serai passeur de vie comme toi! ». Pfff! Et j’ai moi aussi envie de dire : au fond, quelle différence?
    J’ai eu du mal à aller jusqu’au bout et j’ai sauté des passages; j’espère que vous aurez plus de chance que moi.

    1. pour ma pat je n’ai pas non plus adhéré totalement ? J’ai eu très difficile au départ
      mais je reconnais une très belle écriture
      la seconde partie du livre m’a accroché d’avantage mais peut-être par la tragédie qui se profile ?
      c’est un livre plein de délicatesse et c’est très rare

      1. Merci pour le commentaire relatif à l’écriture du roman, sa délicatesse . C’est là une sensibilité qui me touche car elle est l’aboutissement d’une longue épuration. J’aime la sobriété stylistique d’un Camus par exemple. L’écriture clinique et technique d’une Kérangal me touche moins même si elle lui vaut mon admiration. C’est pourquoi je ne suis pas rentrée dans Réparer les vivants… alors que j’ai connu une histoire un peu semblable. Tous ces partages sont intéressants. Bien à vous. Franca

    2. Merci pour votre commentaire mitigé. Je n’en ai pas bien compris la substance ni l’exemple retenu sinon que le personnage n’est pas passé. Superficiel celui-ci ? Sûrement pas ! Un être mal dans sa peau, en quête de sens et à la recherche du modèle qu’il n’a pas trouvé au sein de sa famille. L’amour entre personnes d’âge décalé – ici femme plus âgée- est vu sous cet angle-là avec la tragédie en finale. Au fond, d’un bout à l’autre, le livre est un lent cheminement vers le suicide du jeune homme. Mais bon à chacun son ressenti. Et comme dit Philippe Sollers, si on faisait l’unanimité, ce serait suspect. Bon vent de lecture à cette lectrice sincère. Franca qui a trouvé le commentaire avec retard.

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