L’oubli que nous serons, de Hector Abad

 » II est très difficile d’essayer de synthétiser ce qu’est L’oubli que nous serons sans trahir ce livre, parce que, comme tous les chefs-d’oeuvre, il est plusieurs choses à la fois. Dire qu’il s’agit d’une mémoire déchirée sur la famille et le père de l’auteur, qui fut assassiné par un tueur, est certain, mais cela reste limité et infime, car ce livre est, aussi, une saisissante immersion dans l’enfer de la violence politique colombienne, dans la vie et l’âme de la ville de Medellin, dans les rites, les petites choses de la vie, l’intimité et la grandeur d’une famille, ainsi qu’un témoignage délicat et subtil d’amour filial, une histoire vraie transfigurée par son écriture et sa construction en une superbe fiction, et l’un des plaidoyers les plus éloquents jamais écrits contre la terreur comme instrument d’action politique.  » Mario Vargas LIosa.

4 pensées sur “L’oubli que nous serons, de Hector Abad”

  1. Un énorme coup de coeur! Mon chouchou!
    J’ai recopié de nombreux passages de ce livre tant il y a de belles vérités.
    Plongée dans le vécu, la réalité. Terrible. Beau aussi.
    D’une part il y a le portrait par le fils de ce père d’exception qui veut croire à un monde meilleur, d’autre part il y a la réalité de la Colombie des années 80.
    isabelle

  2. Un livre bouleversant et magnifique, dans une langue limpide, sur l’amour inconditionnel d’un père pour son fils et d’un fils pour son père — le fils qui signe ses lettres Hector Abad III « parce que toi, comme il explique à son père, tu comptes pour deux »–, sur fond de violence et de terreur. Comme Isabelle, j’ai recopié de nombreux passages, pour les relire de temps en temps et y penser. Je vous en livre un:
    « Dans cette danse macabre où les victimes du matin devenaient les bourreaux du soir, les histoires d’horreurs opposées se neutralisaient et moi seul croyais, avec l’optimisme que me transmettait mon père, que notre époque était moins barbare, une nouvelle ère – presque deux siècles après la Révolution française — de véritable liberté, égalité et fraternité, où toutes les croyances humaines ou religieuses seraient tolérées d’un esprit serein, sans que pour ces différences on doive se tuer ».

  3. oui, vous avez raison de retenir certains passages
    le livre mérite d’être lu 2 fois c’ est extraordinaire
    j’y suis plongée en ce moment
    c’est si mal connu, si loin de nous et pourtant si actuel
    une très belle écriture, un beau témoignage d’amour !

  4. Je l’ai lu il y a deux ans et je l’avais moi aussi adoré. Je m’étais dit que je le relirais cette année et finalement, je n’ai pas eu le temps. J’ai tout de même retrouvé les passages que j’avais notés à l’époque…

    « On ne naît pas bon, loin de là, mais si quelqu’un tolère et dirige notre mesquinerie innée, il est possible de mener sa barque dans des voies non néfastes, voire de lui faire changer de sens. On ne vous apprend pas à vous venger (car nous naissons avec des sentiments vindicatifs), mais on vous apprend à ne pas vous venger. On ne vous apprend pas à être bon, mais on vous apprend à ne pas être méchant. Je ne me suis jamais senti bon, mais je me suis rendu compte que souvent, grâce à l’influence bénéfique de mon père, j’ai pu être un méchant qui n’exerce pas, un lâche qui surmonte non sans mal sa couardise et un avare qui maîtrise son avarice. (…)
    Si, bien que j’aie supporté des violences et des peines, je suis resté pacifique, je crois que c’est simplement parce que mon père m’aima tel que j’étais, un paquet amorphe de bons et de mauvais sentiments, et il me montra le chemin pour tirer le meilleur parti de ce mauvais naturel humain que nous partageons peut-être tous. »

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